Ces hommes qui furent pour moi des Maîtres
J’ai plaisir à publier une lettre reçue ces jours-ci, d’un ancien élève de l’Institution. Pur bonheur ; transmission… JDE
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Bonjour Monsieur le Directeur,
Je fus pensionnaire à l’Institution Join-Lambert 8 ans. J’ai passé un Bac scientifique en 1972. Les Directeurs que je connus furent M. le Chanoine Raymond Lecoeur, homme bon, et Mgr Bernard Morin. Je garde un excellent souvenir de ces années.
Curieusement, peut-être mes grand souvenirs furent pour les cours littéraires. Marcel Vossier était une figure. Il nous suivait aussi le jeudi dans les matchs universitaires de Basket Ball. Il n’était pas question de perdre et surtout pas contre le Lycée Corneille. Nous étions motivés et avions à cœur de ne pas le décevoir… Il y avait de l’humour dans tout cela et il gratifiait ses joueurs victorieux d’un point de plus (ou d’un point de moins si nous perdions) à la note de la prochaine dissertation. Cela déclenchait l’ire des autres élèves.
Il convient de préciser qu’obtenir dix sur vingt était déjà considéré comme un exploit ! Donnant certains cours en même temps aux littéraires et aux scientifiques, il se servait de nous, scientifiques, pour faire honte aux littéraires, leur signifiant toujours avec un humour féroce qu’ils devaient avoir honte car nous étions (soi-disant) meilleurs qu’eux.
J’eus la chance de bénéficier des cours de philosophie par Guy Fizel (je crois que cela devait être sa première année de professorat en Terminale). Il nous intéressa tous, même les moins accrochés aux études. Mon cahier de cours est toujours en ma possession et mes quatre enfants s’en servirent lors de leur Terminale.
Malgré les études médicales, le travail très prenant, des responsabilités para-professionnelles captivantes mais chronophages, je me suis toujours intéressé aux Lettres et en particulier à la philosophie. Aujourd’hui, j’essaie de dire aux jeunes : « Ne soyez pas intimidés par la philosophie », elle est à la portée de tous et à celle de chacun à son niveau de compréhension.
C’est pourquoi j’ai rédigé un livre, et même surtout à l’usage des scientifiques. Il ambitionne participer à retrouver des valeurs fondamentales associées à mes valeurs spirituelles, quand elles ne sont pas confondues, et aussi pour rendre hommages à ces hommes qui furent pour moi des Maîtres dont j’ai eu la chance de croiser la route. Ils furent exigeants, respectueux et dévoués, mais aussi chaleureux vis-à-vis de leurs élèves.
Jean GODARD
