Vendredi Saint : contempler et vénérer la couronne d’épines

Depuis plus de seize siècles, les reliques de la Passion du Christ sont vénérées par les croyants à la cathédrale Notre-Dame de Paris. La couronne d’épines est la relique la plus émouvante. Tous les vendredis de Carême, le premier vendredi du mois et lors de célébrations particulières, la couronne d’épines est offerte à la vénération des fidèles par les chanoines de Notre-Dame de Paris sous la garde des chevaliers et dames de l’Ordre du Saint-Sépulcre.
Contempler la couronne d’épines, c’est entrer dans le mystère de la Passion ; contempler le Christ outragé, humilié et qui, face à ses accusateurs, demeure « doux et humble de cœur ». L’homme des douleurs est notre Dieu.
Prier devant la couronne d’épines, c’est rejoindre la longue foule des croyants d’hier et d’aujourd’hui, des traditions orientales et occidentales, c’est s’inscrire dans l’histoire du Peuple de Dieu. C’est l’unité de l’Église réalisée dans le mystère de la Croix. C’est faire sienne la prière du « doute agenouillé », celle du soldat romain, celle de nos contemporains…
Vénérer la couronne d’épines, c’est accepter de se laisser dépouiller, de quitter nos postures pour laisser l’œuvre de Dieu se faire en chacun de nous. C’est consentir à des sacrifices pour revenir à la joie du salut. C’est prendre sa croix à la suite du Christ.
Contempler la couronne d’épines, c’est se laisser toucher par les souffrances de notre temps, c’est refuser les guerres et les violences, c’est dénoncer et soulager les épines de nos contemporaines, c’est se mettre à la suite de saint Véronique, de Simon de Cyrène, de Joseph d’Arimathie.
Vénérer la couronne d’épines, c’est reconnaître, à la suite de Godefroy de Bouillon, Jésus-Christ comme le seul et unique vrai Roi. Une royauté sur les cœurs, sur les familles, sur les sociétés. Une royauté universelle et éternelle.
« Les armes de Jésus c’est la verte couronne,
C’est ce front que l’amour et la grâce environne,
Et l’éternelle fleur qui sur sa peau fleuronne. »
(Charles Péguy, La tapisserie de sainte Geneviève et de Jeanne d’Arc, 1913)
Charles AVRIL, Directeur des Études du Lycée